L'auteur

Eric Gautier

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Mouillage d'automne en Bretagne sud

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Salon littéraire à Corsept 12-10-2013

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Tamara au plus près tribord amures

    J’ai été scout-marin à Lorient à 15 ans dans les années soixante, nous naviguions sur des cotres en bois sans moteur construits au petit chantier Tony qui se trouvait au bord de la ria de l’étang du Ter, juste en amont du pont entre Lorient et Larmor-Plage. C’était pratique, pour mâter on n’avait pas besoin de grue, on arrêtait le bateau sous le pont. Ils étaient gréés avec une voile aurique, foc et trinquette sur un bout-dehors, des voiles en coton taillées à prix d’ami, mais par Victor Tonnerre, quand même ! Écoutes et drisses en chanvre, toutes les poulies en bois ; aujourd’hui ce serait un luxe, mais à l’époque on n’appelait pas encore ça des vieux gréements et c’était ce qu’il y avait de moins cher. C’est comme ça que j’ai découvert la voile, cela a été une illumination et je n’ai jamais arrêté depuis.

    En mai 68 j’avais 18 ans, ça m’avait donné envie de faire l’armée, par réaction, sans doute. J’aurais bien voulu préparer l’Ecole Navale mais malgré tous mes efforts les mathématiques n’ont jamais voulu de moi, comme mon père voulait que je sois officier j’ai fait Saint-Cyr et j’ai choisi les Alpins à la sortie d’école parce que je trouvais que l’environnement de la montagne devait avoir des points communs avec celui de la mer. J’ai fait la première moitié de ma carrière dans les troupes de montagne.

 

   Aujourd’hui les Chasseurs Alpins tournent en opérations extérieures, Afghanistan, puis Mali, ce sont des professionnels ; de mon temps on avait des Appelés et on essayait de les sortir en montagne, c’était ce qu’on avait de mieux à leur offrir. Si on arrivait en plus à en faire de bons tireurs ça donnait une bonne infanterie endurante à la fatigue et au froid. Pour être couvert juridiquement le commandement envoyait les cadres suivre de long stages à l’Ecole Militaire De Haute Montagne à Chamonix où nous devions obtenir des diplômes qui nous permettaient d’être ensuite responsables civilement en cas d’accident et dans le même esprit on nous incitait fortement à faire des courses en haute montagne pendant nos loisirs. Cela m’a permis de découvrir la montagne et je pense que c’est un milieu beaucoup plus rude et plus dangereux que la mer. Aujourd’hui, à 68 ans, je suis encore capable de manœuvrer tout seul mon voilier de 13 m quand mes équipiers habituels ne sont pas libres, mais je serais absolument incapable de faire une course en tête en escalade ou d’effectuer des randonnées à ski au-dessus de 3000 m.

 

   Pendant cette période je ne pouvais pas naviguer beaucoup, uniquement du dériveur pendant des permissions l’été et c’est sans doute pour cela que je me suis intéressé à l’histoire maritime et notamment celle de la marine de Louis XVI pour compenser un manque, en quelque sorte. Ensuite dans la seconde partie de ma carrière j’ai eu la chance d’effectuer plusieurs séjours de longue durée en Afrique de l’Ouest, sur la côte, j’ai même pu me faire construire une embarcation locale de 12 m que j’avais transformée en goélette aurique pour occuper mes dimanches quand j’étais libre. Mais j’ai continué à me documenter sur la vieille marine et j’ai lu également tout un tas de romans anglais sur la Royal Navy au temps de la voile, la série des Hornblower, de Forrester, et surtout les Jack Aubrey de Patrick O’Brian. Je crois que j’avais déjà lu presque toute la série avant qu’on commence à les traduire en Français. Quand j’ai été atteint par la limite d’âge de mon grade et qu’on m’a mis à la retraite je me suis acheté un voilier et j’ai pensé que j’avais acquis une culture qui me permettrait d’écrire des romans dans lesquels la marine française ne serait pas systématiquement perdante face à une royal navy héroïque et triomphante. C’est pour ça que j’ai commencé par embarquer mon héros dans la marine de Louis XVI.

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1982 Commandant la 3ème compagnie du 7ème bataillon de chasseurs alpins,  invités chez les Alpini à Mahles. Je ne me doutais pas que lorsque je serais grand-père, mes premiers petit-fils seraient des petits Italiens.

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Tamara sous voiles

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Sortie d'hiver