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Au sujet du Bagne de Brest

Updated: Jan 11


Le Bagne de Brest

Je reprends ce blog après une longue interruption.


Lorsque j’ai eu l’idée de mettre le Bagne de Brest dans mon premier tome des aventures de Laforest-Dombourg j’avais deux vieux souvenirs en tête.


D’abord « L’Ancre de Miséricorde » de Pierre Mac Orlan qui avait enchanté mes 15 ans. Le héros « Petit Morgat », fils d’un shipchandler de la rue de Siam, y rencontrait Jean de la Sorgue, pensionnaire du « Grand Collège » et nous entraînait dans le quartier mal famé de Kéravel.


Ensuite, cela a été un feuilleton télévisé en noir et blanc de 1967 : Vidocq. J’aimais particulièrement le générique mettant en scène la marche de la « chaîne » des galériens sur une chanson de Serge Gainsbourg.





J’ai parfait mes connaissances avec un livre remarquable dirigé par Frédérique Joannic-Seta et édité par les Presses Universitaires de Rennes et, bien sûr, par les peintures et dessins d’artistes du 18ème siècle, dont Nicolas Van Blarenberghe. J’ai aussi utilisé le dictionnaire de l’argot du bagne de Vidocq, que Pierre Mac Orlan avait certainement consulté pour son « Ancre de Miséricorde ». Vidocq avait été au bagne après la fin de l’Ancien régime mais le vocabulaire n’avait pas dû beaucoup changer.

C’est sous le règne de Louis XV, Jean-Frédérique Phélypeaux de Maurepas étant secrétaire d’état à la Marine, que la décision fut prise de supprimer définitivement les galères qui ne servaient plus à rien et de transférer leurs chiourmes à Brest pour servir de main-d’œuvre pour l’arsenal du principal port militaire du royaume. Acheminés sur des gabares par le canal du midi jusqu’à Bordeaux où on les embarqua sur des flutes du Roi, les galérien furent d’abord logés dans la corderie basse du port de Brest en attendant la construction du bâtiment définitif en 1751 par Choquet du Lindu. Tous ces bâtiments ont été rasés par les bombardements alliés pendant la dernière guerre.




Désormais les galériens seront utilisés pour transporter des charges lourdes et effectuer des travaux de force ne nécessitant pas une technicité particulière comme on le voit sur un détail de la peinture de Blarenberghe ci-dessous, on les appellera ensuite « forçats » ou « bagnards », mais le nom de galérien subsistera longtemps et tout le personnel de l’encadrement gardera les anciennes appellations des galères : comite, sous-comites, argousins.




Vue du port de Brest par Nicolas Van Blarenberghe. L’on peut voir dans le coin en bas à droite une équipe de galériens tirant une lourde pièce de bois destinée apparemment à la construction d’un navire. La scène est représentée par l’artiste près des formes de Pontaniou à Recouvrance.



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