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Frégates de 12

Updated: Mar 7, 2019



Dans mon deuxième roman, De Saint-Malo à Savannah, j’ai fait embarquer mon Pierre-Marie Laforest-Dombourg à bord de l’Amazone commandée par le Lieutenant de vaisseau de Lapérouse.

L’Amazone était une frégate de 12. Elle avait été construite en 1778 à Saint-Malo, c'est-à-dire, en fait, à Saint-Servan qu’on appelait « le port militaire de Saint-Malo » ; j’ai évoqué sa construction et son lancement dans mon roman.

Le chiffre 12 ne correspondait pas au nombre des canons mais au calibre des 26 pièces en batterie sur le Pont de la frégate (En A sur mon croquis), il y en avait 13 sur chaque bord. Cet armement était complété par six pièces de 6 sur les gaillards, ce qui faisait un total de 32 canons.

Depuis la fin du 19ème siècle, le calibre des armes lourdes ou légères correspond au diamètre du tube. L’âme des canons de 12 de notre frégate ayant un diamètre de 106 mm, on les appellerait aujourd’hui des canons de 106. Mais, au 18ème siècle, c’était le poids de la munition qui comptait pour désigner le calibre des pièces d’artillerie. Les pièces de 12 tiraient des boulets de 12 livres et les pièces de 6 des boulets de 6 livres (1 livre française de l’époque équivalant à environ 489,5 grammes).

Les canons étaient en fer forgé. Dans la marine française il y avait des pièces de 4, de 6, de 8, de 12, de 18, de 24 et de 36 livres. Le canon de 12 pesait environ une tonne cinq avec son affût et il fallait neuf hommes pour le servir et pour pouvoir le ramener au sabord en tirant sur ses bragues après le recul au départ du coup. Pour vous donner une idée du poids des différents canons, il me suffira de préciser qu’on comptait réglementairement trois hommes pour servir un canon de 4, cinq pour un canon de 6, sept pour un canon de 8, neuf pour un canon de 12, comme je viens de le dire, onze pour du 18, treize pour du 24 et quinze hommes pour le canon de 36 ! Un monstre de quatre tonnes et demie environ qui armait la batterie basse des vaisseaux de ligne. Imaginez un canon de 36 reculant sur ses bragues au départ du coup : le malheureux qui se trouverait derrière serait réduit en bouillie, le bruit vous défonce les tympans, une fumée noire envahit la batterie et vous prend à la gorge. Dans ses Souvenirs maritimes, Scipion de Castries qui était à bord du Languedoc, un vaisseau de 80 canons, au combat de la Grenade, raconte qu’au moment de la première bordée toutes les pièces de tribord partirent en même temps au commandement d’un grand porte-voix : « ... De ma vie je n’ai entendu pareille détonation, il ne resta pas une serrure en place et malgré la précaution d’ôter de leur place toutes les fenêtres et de les coucher sur terre ainsi que les glaces, il y en eut une grande quantité de brisées… ».

Pour en revenir aux frégates de 12, sur un peu moins d’une centaine construites entre le début de la guerre de Sept ans, sous Louis XV, et la Révolution de 1789, quarante-sept furent construites et mises à l’eau de 1777 à 1782, ce qui correspond à peu près exactement aux campagnes de la guerre des Amériques. Il fallait moins d’un an, alors, pour construire une frégate du type de l’Hermione, quinze furent lancées en 1777, sept en 1778, treize en 1779, quatre en 1780, trois en 1781 et cinq en 1782. Sur ces quarante-sept frégates, à l’exception de sept construites à Toulon, toutes les autres furent lancées sur la façade atlantique : quinze à Saint-Malo, quatorze à Rochefort (dont l’Hermione), six à Brest et cinq à Lorient.

Pour en finir avec les calibres, les critères étaient totalement différents pour les armes légères, pistolets et fusils ; pour ces derniers le numéro du calibre correspondait au nombre de balles qu’on pouvait couler dans une livre de plomb ; ainsi un calibre 16 était supérieur à un calibre 20.


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